Depuis que j’ai quitté Turin par un matin gris il y a 8 ans pour partir à la recherche du bonheur, j’ai rencontré de nombreuses situations qui m’ont amené à réfléchir sur les choses de la vie. Des rencontres, des conversations, des épisodes malheureux, des expériences inoubliables, des voyages qui m’ont changé : tout cela m’a amené à faire des réflexions qu’on n’aurait jamais faites dans ma zone de confort.

J’ai donc aussi développé quelques théories sur le bonheur (ce n’est pas un hasard si le livre dans lequel on raconte mon parcours humain et professionnel s’appelle “Les coordonnées du bonheur”). J’ai compris beaucoup de choses au cours de ces huit années, certaines qu’on considère comme extrêmement subjectives (par exemple, le bonheur dépend pour moi beaucoup de la liberté) et d’autres qu’on considère comme plus universelles.

Mais s’il y a une chose dont on est sûr à propos de ce grand thème qui hante les êtres humains depuis des millénaires, c’est que vous ne pourrez jamais être vraiment heureux si vous vous fiez uniquement et exclusivement à l’idée que quelqu’un d’autre se fait du bonheur. Vous ne pourrez pas être heureux si vous suivez la voie tracée par quelqu’un d’autre sans jamais vous demander si c’est ce qui vous fait vous sentir bien.

Le bonheur naît en nous

La conclusion à laquelle on est arrivé est que le bonheur commence toujours en nous. Les personnes, les lieux et les objets qui nous entourent peuvent l’alimenter ou l’amoindrir, mais tout doit commencer par nous. Nous devons décider de ce qui nous rend heureux et choisir dans quelle direction orienter notre vie.

Depuis que j’ai généré cette prise de conscience, mon existence a changé à bien des égards. Non seulement il m’a donné la force de me rebeller contre ce qu’on considère comme une forme moderne d’esclavage, ou plutôt ce type de travail de bureau qui vous oblige à vous présenter tous les jours au même endroit à la même heure pour y passer un certain nombre d’heures. Une vie dans laquelle vous troquez vos rêves, votre temps et votre bonheur avec la promesse de recevoir (peut-être, un jour) une pension qui vous permettra d’être (vieux et) libre.

Le fait de réaliser que moi seul pouvait écrire les coordonnées de mon bonheur n’a pas seulement fait de moi un travailleur nomade qui voyage dans le monde entier tout en travaillant à distance sur son PC. Elle m’a également ouvert les yeux sur un problème qui me tourmentait depuis un certain temps : l’impatience à l’égard des vacances.

À Noël, vous devez être heureux

J’ai de très bons souvenirs de Noël, mais chaque 25 décembre, j’ai toujours ressenti une sorte d’agacement inexplicable. Ce n’est que lorsque j’ai pris le temps de réfléchir en dehors des sentiers battus que j’ai compris qu’il s’agissait en fait de bonheur.

En fait, on n’aimait pas l’idée qu’une date sur le calendrier décide qu’on devait être heureux ce jour-là.

Pensez-y : lorsque vous vous réveillez le 25 décembre, tout le monde s’attend à ce que vous soyez heureux. Les personnes que vous rencontrez veulent vous voir avec un grand sourire aux lèvres, une attitude positive et une grande volonté de passer la journée avec les autres. Noël est la fête où nous échangeons des objets presque inutiles, achetés avec l’argent qui représente le temps que nous avons investi à travailler. C’est la fête où il est obligatoire de se gaver de nourriture, même si nous vivons sur la même planète où des millions de personnes sont exploitées et des milliards d’animaux sont torturés et abattus pour nous permettre de profiter de tout ce superflu.

Mais ce sont des réflexions qui ne devraient pas trouver place à Noël, car sinon vous gâchez la fête pour les autres. A Noël, il faut être heureux.

Voyager et découvrir des cultures et des modes de vie différents des nôtres m’a beaucoup aidé à réaliser l’absurdité de ce concept et à quel point les gens sont esclaves d’un simple chiffre sur le calendrier. Un petit chiffre qui a la présomption de nous dire si, un jour donné, nous pouvons et devons être heureux.

Le bonheur ne dépend pas d’une date sur le calendrier

Si vous regardez la télévision, les réseaux sociaux et la publicité, vous pourriez penser qu’être heureux est un processus difficile et coûteux en termes de temps, de ressources et d’argent. Puis, de manière absurde, cette société occidentale passe de cette idée très complexe à quelque chose d’extrêmement simple, superficiel et trivial : certains jours, non seulement vous pouvez mais vous devez être heureux.

25 décembre, 31 décembre, 15 août. Et encore : le jour de votre anniversaire, le jour de Pâques et chaque samedi soir. Selon l’opinion la plus répandue, le bonheur est une question de… calendrier. Les dates du calendrier décident du moment où vous avez le droit d’être heureux.

Tu n’as pas besoin d’être heureux à Noël. Noël est une journée de 24 heures au cours de laquelle le soleil se lève le matin et se couche le soir. Comme tous les autres jours de l’année.

Il est facile de tomber dans le piège du bonheur forcé de Noël, mais la vérité est que le bonheur dépend de vous et de vos choix, certainement pas d’une date sur le calendrier. Bien sûr, si vous avez de bonnes relations avec les membres de votre famille, il sera certainement très agréable de passer du temps avec eux. Et le fait que vous ne travailliez pas ce jour-là est un aspect important, car cela signifie que vous profiterez de votre temps libre. C’est là le véritable sens positif de Noël : le partage, l’échange personnel, les rires et les moments de qualité passés tous ensemble.

Construisez une vie où chaque jour est un Noël

Mais si votre objectif de vie est de trouver un bonheur durable et conscient, n’attendez pas Noël. Ne pensez pas que vous le trouverez dans la frénésie du déjeuner ou dans les cadeaux que vous recevez.

Le bonheur est une chose sérieuse qui doit être cultivée jour après jour. C’est un voyage intérieur et extérieur qui commence à l’intérieur de vous et se développe pendant le temps que vous avez sur cette terre, dans la direction que vous choisissez de prendre, dans la façon dont vous voulez vivre. Ce ne seront jamais les objets, la nourriture ou les personnes que vous voyez trois fois par an qui vous donneront un véritable sentiment de bonheur.

N’attendez pas Noël pour essayer d’être heureux. S’il y a un bon moment pour commencer un grand changement, c’est maintenant. Le but de notre vie n’est pas d’attendre le vendredi soir, le jour de Noël, le Nouvel An ou un anniversaire. L’objectif est de construire une existence dans laquelle chaque jour est un Noël.