La nourriture, les vêtements, les équipements électroniques, les voitures, bref, tout ce qui est produit par l’homme a un cycle et doit être éliminé correctement. La question est la suivante : que faire lorsque les choses perdent leur utilité et doivent être mises au rebut ? Le dilemme auquel est confrontée la société de consommation est généré, avant tout, par le manque d’informations sur la manière de veiller à ce que ce que nous produisons n’ait pas d’impact négatif sur l’environnement.

Que faire de tant d’ordures ?

Beaucoup de gens oublient que les produits créés par l’être humain ne disparaissent pas après consommation et que chaque article a sa durée de vie utile avant d’être mis au rebut. Les niveaux actuels de consommation, induits par la croissance économique, ont favorisé l’augmentation de la quantité de déchets générés au Brésil. En moyenne, 193 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque jour, selon une enquête réalisée en 2013 par le Business Commitment to Recycling (Cempre).

Dans la région métropolitaine de Sao Paulo, chaque citoyen produit 0,8 kg de déchets solides par jour. Dans la capitale de l’État, le chiffre atteint 1 kg, ce qui correspond à 10 la quantité collectée dans le pays. Afin de réduire l’impact des déchets sur l’environnement, la loi 12.305/10, également connue sous le nom de politique nationale des déchets solides (PNRS), est entrée en vigueur.

Le texte vise à établir “des principes, des objectifs et des instruments, ainsi que des lignes directrices sur la gestion intégrée et la gestion des déchets solides, y compris les déchets dangereux, les responsabilités des producteurs et des autorités publiques et les instruments économiques applicables.

Un aspect important de cette politique est la discussion sur le concept de logistique inverse, dans lequel des instruments sont établis pour permettre la collecte et la réutilisation des déchets par les entreprises et leur réutilisation dans les cycles de production.

Logistique inversée

Cet outil, bien que récent, revêt une grande importance pour le processus de recyclage et de réutilisation des produits. Il détermine la responsabilité partagée entre les producteurs de déchets, le secteur des entreprises, les fabricants et les importateurs en ce qui concerne la capture et l’utilisation des matières premières réutilisées dans le processus de fabrication d’un produit particulier.

Le comité interministériel qui a coordonné la création de la loi a établi, en collaboration avec la société civile et le monde des affaires, une liste de déchets dont la “logistique inverse” est obligatoire en raison de leur fort potentiel polluant : piles, pneus, lampes fluorescentes à vapeur de sodium et de mercure et ampoules mixtes, huiles lubrifiantes, leurs déchets et emballages, et produits électroélectroniques et leurs composants.

Ramasseurs de déchets

Une autre composante importante du PNRS est la valorisation de l’occupation des ramasseurs de déchets. Le texte juridique considère que ce professionnel est fondamental dans le processus de collecte des matériaux recyclables. Cette question gagne en importance en les sortant de la marginalité et en en faisant des éléments actifs et socialement inclus.

Autrefois relégués au contact direct avec les déchets dans les décharges, ils font aujourd’hui partie des équipes de travail des coopératives et des centres de compostage. La régularisation des travailleurs dans le secteur du recyclage a également permis de réduire le nombre d’intermédiaires. Sans dépendre des intermédiaires, les membres de la coopérative peuvent fournir des matériaux avec une meilleure qualité de séparation et travailler sans risques pour la santé.

Collecte sélective

Le thème de la collecte sélective est mis en avant dans les débats sur l’environnement bien avant l’approbation du PNRS. Toutefois, l’absence de politiques intégrées par les entreprises, le gouvernement et la société civile a entravé sa mise en œuvre efficace. De nombreuses études ont démontré le gaspillage du potentiel économique dû au manque d’utilisation des déchets organiques et inorganiques.

Selon une enquête menée en 2013 par le ‹‹Engagement des entreprises envers le recyclage›› (Cempre), le Brésil perd 8 milliards de reais par an en enfouissant des déchets qui pourraient être réutilisés. Le chiffre d’affaires estimé dans les processus de collecte, de tri et de traitement des matériaux en 2012 était de 10 milliards de R$. Outre la perspective de préservation de l’environnement, le potentiel et la viabilité du secteur du recyclage sont indéniables.

Ça y ressemble mais ça ne l’est pas

Recycler une tonne de papier équivaut à économiser 100 000 litres d’eau. Tout a un lien. Il n’y a rien qui soit un déchet, c’est nous qui créons ce qui sera jeté ou non. Tout doit être traité comme une ressource naturelle et, à ce titre, être préservé, entretenu et valorisé. Tout peut être recyclé”, explique Ana Lacia Carvalho, spécialiste de l’environnement.

Silvia Martarello, ingénieur civil, souligne la pertinence de la destination finale des déchets. En logistique inverse, nous travaillons pour que les cycles de produits aient des stratégies durables à la recherche d’une relation économique bénéfique à toutes les parties, au consommateur, à l’industrie et à l’environnement.